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17/06/2003 Le Parisien

 
  Les deux passagers mis en examen  
 
L'ENQUETE sur la mort de Raphaël, ce père de famille de 32 ans écrasé par un automobiliste le 9 juin à Paris, progresse. Si le chauffard de la Clio grise soupçonnée d'avoir délibérément roulé sur la victime reste introuvable, ses deux passagers ont été mis en examen pour « non-assistance à personne en danger ». Le juge des libertés et de la détention (JLD) les a placés sous contrôle judiciaire alors que le parquet avait requis leur incarcération. « Une décision juste » salue M e Sébastien Bono, avocat de l'un des passagers, qui conteste la nature des poursuites : « Pris en chasse par les amis de la victime, comment mon client aurait-il pu porter secours au blessé ? » Originaire du Val-de-Marne, A., mécanicien de 29 ans, s'était présenté dès le lendemain du drame au commissariat de Choisy-le Roi. Le 13 juin, lui et l'autre passager de la Clio sont placés en garde à vue à la 2 e DPJ, entendus et confrontés aux amis qui accompagnaient Raphaël la nuit des faits. Les passagers ont d'emblée indiqué ne connaître que « de vue » le conducteur de la Clio grise. Ce 9 juin, ils ont simplement accepté d'être raccompagnés par cet homme de 23 ans. En chemin, ils ont croisé une autre Clio rouge. A bord : Raphaël et quatre amis rugbymen. Selon A., ce véhicule zigzaguait. Les deux Renault se sont doublées, la grise faisant une queue de poisson à l'autre, pour finir côte à côte sur le pont Charles-de-Gaulle. D'après A., deux hommes sont sortis de la Clio de Raphaël. L'un a frappé au visage le chauffeur de la Clio grise, l'autre a cassé un rétro d'un coup de pied. « Un sentiment de peur s'est emparé de mon client. Il est resté à l'abri dans le véhicule », dit M e Bono. Lors de la confrontation, l'auteur du coup de poing et celui du coup dans le rétro n'ont pas nié leurs gestes. Enfin, un témoin, qualifié d'« objectif », a raconté avoir cru que les gens sortis de la Clio « braquaient » les autres automobilistes. Tout cela n'explique pas la mort de Raphaël, sorti pour « apaiser les esprits » selon son frère. « Il y a eu un mouvement de panique et de fuite », estiment les passagers. Dans l'entourage de la victime, le sentiment est inchangé : « Raphaël a été volontairement écrasé. Le fait que le conducteur soit toujours en fuite est plutôt un aveu. »


Geoffroy Tomasovitch et Matthieu Suc


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